Grand sondage électoral: sept partis sous la loupe

Des réponses claires et concises à des questions parfois complexes: voici ce que la «Revue Suisse» a demandé aux sept principaux partis politiques du pays. Leurs prises de position doivent servir de boussole à tous ceux qui souhaitent participer aux élections fédérales du 20 octobre.

Bref portrait des sept principaux partis politiques du pays

PBD

Parti Bourgeois-Démocratique (PBD); parti du centre né en 2008 d’une scission de l’UDC. Force du parti en 2015: 4,1 %. Poids politique actuel: 7 sièges au Conseil national, 1 au Conseil des États. www.pbd.info

PDC

Parti Démocrate-Chrétien (PDC); parti du centre, conservateur et catholique à la base. Force du parti en 2015: 11,6 %. Poids politique actuel: 26 sièges au Conseil national, 14 au Conseil des États, 1 au Conseil fédéral. www.pdc.ch

PLR

Le «PLR. Les Libéraux-Radicaux» est né de la fusion, en 2009, des partis libéral et radical. Force du parti en 2015: 16,4 %. Poids politique actuel: 33 sièges au Conseil national, 12 au Conseil des États, 2 au Conseil fédéral. www.plr.ch

Vert’libéraux Suisse

Parti vert’libéral (PVL); parti du centre né en 2007 de l’aile droite des Verts. Force du parti en 2015: 4,6 %. Poids politique actuel: 8 sièges au Conseil national. www.vertliberaux.ch

Les Verts

Parti de gauche dont les racines plongent dans le mouvement anti-nucléaire et des groupes de la société civile. Force du parti en 2015: 7,1 %. Poids politique actuel: 11 sièges au Conseil national, 1 au Conseil des États. www.verts.ch

UDC

Union démocratique du centre, parti de droite conservateur-nationaliste, 1er en termes d’électeurs depuis 2003. Force du parti en 2015: 29,4 %. Poids politique actuel: 64 sièges au national, 5 aux États, 2 au Conseil fédéral. www.udc.ch

PS

Parti socialiste aux racines ouvrières, seul parti de gauche au gouvernement. Force du parti en 2015: 18,8 %. Poids politique actuel: 42 sièges au Conseil national, 12 au Conseil des États, 2 au Conseil fédéral. www.sp-ps.ch/fr

L’évolution démographique a des conséquences sur le financement de la protection sociale. L’âge de la retraite actuel en Suisse – 64 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes – doit-il être relevé?

PBD

OUI
L’âge de la retraite de 65 ans pour les hommes et les femmes est indispensable pour assurer le financement de l’AVS.

PDC

OUI
Une harmonisation progressive permet de financer durablement le système, mais les femmes ne devraient pas en assumer les coûts. Les lacunes de cotisations dues à la maternité doivent être comblées.

PLR

OUI
Dans un premier temps, l’âge de la retraite des femmes et des hommes doit être aligné. En raison de l’évolution démographique, il faudra à long terme discuter de véritables mesures.

Vert’libéraux

OUI
Il est indispensable de relever l’âge de la retraite et de le rendre plus flexible en raison de l’évolution démographique.

Les Verts

NON
Les femmes touchent des retraites très inférieures en raison de salaires plus bas et du travail de care non rémunéré. Tant que cet écart ne sera pas comblé, l’augmentation de l’âge de la retraite est injuste.

UDC

OUI
L’âge de la retraite de 65 ans pour les femmes et les hommes est indispensable pour assurer le financement de l’AVS.

PS

NON
La situation des employés âgés sur le marché du travail est dramatique, avec une augmentation du chômage de longue durée et un taux d’aide sociale élevé. Les chômeurs âgés sont discriminés.

Le 14 juin 2019, des centaines de milliers de femmes ont manifesté dans toute la Suisse pour l’égalité et contre les violences faites aux femmes. Parmi leurs revendications, auxquelles le Parlement nouvellement élu devra-t-il répondre?

PBD

  • À travail égal, salaire égal: il ne doit pas y avoir de différence entre les sexes.
  • Il doit absolument être plus facile de concilier famille et travail.
  • Un congé paternité est urgent. De l’avis du PBD, un congé parental serait encore plus adéquat.

PDC

  • L’égalité salariale entre hommes et femmes est une nécessité pour une société, qui investit dans la formation de toute la population et exige que les femmes aient une activité professionnelle et soient intégrées.

  • Le PDC exige par ailleurs la promotion de modèles de travail flexibles. Les postes à temps partiel et les horaires de travail flexibles facilitent en effet la réintégration professionnelle.

  • Il est temps de mettre fin à la discrimination des femmes dans les assurances sociales. Le travail de care et les professions à bas salaire les défavorisent à l’âge de la retraite; des mesures de compensation sociales sont urgentes en la matière.

  • Il faut mieux protéger les femmes contre les abus et les violences.

PLR

  • Aujourd’hui encore, nombreuses sont les femmes contraintes de choisir entre une carrière ou des enfants, ou qui ne peuvent pas travailler autant qu’elles le souhaiteraient. Il faut donc prévoir des déductions fiscales couvrant les frais de garde des enfants afin d’accroître l’attrait d’une activité rémunérée.

  • Des horaires de travail flexibles pour le travail à domicile sont également nécessaires, la rigidité de la loi sur le travail datant encore de l’ère industrielle.

  • En matière d’impôts, le PLR demande que la forte progression fiscale subie par les couples mariés à deux revenus soit remplacée par une imposition individuelle.

Vert’libéraux

  • L’égalité des sexes et de tous les modèles familiaux et de vie sont une évidence pour les Vert’libéraux.

  • L’égalité salariale et une égalité de traitement en matière de fiscalité et d’assurances sociales en font partie.

  • L’introduction de l’imposition individuelle et la suppression de la déduction de coordination à la caisse de pension sont des éléments centraux en la matière.

Les Verts

Les Verts s’engagent pour une société libérale, permettant aux femmes et aux hommes de bénéficier des mêmes droits en toute indépendance matérielle et dans des rôles choisis librement. Pour que cela soit possible, il faut:

  • imposer l’égalité des salaires

  • assurer la couverture sociale du travail de care

  • introduire un congé parental sur le modèle européen

  • améliorer la protection face aux violences domestiques

  • lutter contre la double discrimination dont sont victimes les migrantes

UDC

  • Les violences faites aux femmes sont le fait des individus non intégrés. Il faut donc limiter l’immigration.

  • Il faut exiger clairement des migrants qui se trouvent déjà dans notre pays qu’ils respectent les règles et les valeurs suisses.

PS

Le PS exige une offensive politique en matière d’égalité:

  • un congé parental de 38 semaines en tout, le droit au travail à temps partiel et une meilleure protection des jeunes parents contre le licenciement;

  • des places de garde gratuites pour les familles aux revenus bas et moyens;

  • des avances sur pensions alimentaires pour tous;

  • des congés spécifiques, des allocations pour charge d’assistance et la possibilité de travailler à temps partiels pour les proches aidants;

  • des amendes salées en cas de discrimination salariale;

  • des interlocuteurs externes et des indemnités plus élevées en cas de harcèlement sexuel sur le lieu de travail.

En Suisse, les coûts de la santé et les primes des caisses-maladie ne cessent d’augmenter d’une année à l’autre. Quelles sont les trois mesures les plus importantes pour contrer cette évolution?

PBD

  • Renforcement de la responsabilité des patients, que ce soit par des modèles de soins intégrés ou par une augmentation efficace de la franchise et de la quote-part.

  • Imposition d’un financement uniformisé des traitements stationnaires et ambulatoires. Dans le système actuel, les assurés paient trop.

  • Utilisation de la numérisation: les moyens de communication modernes doivent être utilisés davantage. Le dossier électronique du patient doit enfin voir le jour.

PDC

  • Un frein aux coûts de la santé, comme le demande l’initiative populaire du PDC: selon ce texte, les primes ne devront pas augmenter plus vite que les salaires. Les traitements inutiles doivent être évités afin d’économiser des coûts sans nuire à la qualité des soins.

  • Les surtraitements et surthérapies coûteux et malsains doivent être évités et les tarifs dépassés et excessivement élevés, adaptés.

  • Les interventions ambulatoires doivent être encouragées et les capacités des hôpitaux réduites.

PLR

  • La solution ne réside pas dans un remède miracle mais dans la participation de tous et de nombreuses mesures, p. ex. la qualité et les coûts des prestations doivent pouvoir être comparées.

  • Les mauvaises incitations, qui coûtent cher, doivent être évitées, comme la concurrence dans l’équipement des hôpitaux cantonaux.

  • Les patients doivent prendre conscience des coûts de leur santé. Des idées comme le compte d’épargne santé facultatif défiscalisé comme le 3e pilier, sont intéressantes.

Vert’libéraux

  • Nous voulons un système de santé garantissant la prise en charge de toute la population et encourageant la responsabilité individuelle et la prévention.

  • Nous sommes favorables au libre choix et à la concurrence. Il faut bannir les incitations négatives par un financement uniforme des prestations stationnaires et ambulatoires. Il faut aussi supprimer les incitations salariales liées à des quantités.

  • Les droits des patients doivent être renforcés et les informations à ce sujet améliorées.

Les Verts

  • Les priorités sont de renforcer les soins de base, la prévention et la coordination. Par exemple avec une caisse maladie publique.

  • Il faut promouvoir et financer davantage de projets liant judicieusement conseils, prévention, traitement et soins.

  • Il reste nécessaire de corriger des primes individuelles injustes sur le plan social. Les Verts s’engagent pour des réductions sociales des primes et luttent contre les mesures d’économies en la matière.

UDC

  • Il faut renforcer la responsabilité individuelle. P. ex. en encaissant une quote-part symbolique en espèces pour tout nouveau traitement ambulatoire en cabinet médical ou à l’hôpital (une somme qui devrait être deux fois plus élevée à l’hôpital qu’en cabinet).

  • Le catalogue des prestations obligatoires de l’assurance de base ne doit plus être étoffé à la légère, p. ex. pour la prise en charge des coûts des mesures destinées à préserver la fertilité des patients atteints de cancer.

 

PS

  • Gestion efficace des admissions de médecins dans le domaine ambulatoire: les cantons doivent pouvoir gérer l’ouverture de cabinets médicaux selon les besoins.

  • Baisse des prix des médicaments par l’introduction d’un système de prix de référence et de transparence concernant les coûts de la recherche de la pharma et la fixation des prix de fabrique.

  • Modèles tarifaires encourageant la coopération entre les prestataires et les soins coordonnés (révision de Tarmed).

Les étrangers, même parfaitement intégrés, n’ont pratiquement aucun droit de codécision en Suisse. Cela entraîne des critiques quant au droit de vote des Suisses de l’étranger, qui peuvent participer aux décisions sans jamais avoir vécu dans ce pays. Les étrangères et les étrangers vivant depuis au moins dix ans en Suisse devraient-ils obtenir le droit de vote et d’élection?

PBD

NON
Le droit de vote et d’élection est un élément essentiel des droits des citoyens.

PDC

NON
Le droit de vote doit rester lié à la citoyenneté afin de s’assurer que l’intégration sociale et politique nécessaire ait lieu.

PLR

Ni OUI, ni NON
C’est aux cantons ou aux communes de décider.

Vert’libéraux

OUI
Ces étrangères et étrangers devraient pouvoir participer aux décisions, au moins au niveau cantonal et communal.

Les Verts

OUI
Cela va de soi: qui vit ici doit pouvoir voter ici. Les Verts ont déjà lancé des initiatives en ce sens dans plusieurs cantons.

UDC

NON
Les citoyens suisses ont des droits et des devoirs. Le droit de vote s’obtient donc après la naturalisation.

PS

OUI
C’est un scandale et parfaitement indigne d’une démocratie qu’un quart de la population résidant en Suisse soit privée de droits politiques.

Une initiative populaire déposée cet été entend limiter les exportations de matériel de guerre. Ces exportations vers des pays en guerre ou en proie à une guerre civile doivent-elles être interdites?

PBD

OUI
Le PBD fait partie du comité d’initiative. Le Conseil fédéral ne doit plus décider seul des exportations. Un dialogue et un soutien large sont nécessaires, aussi dans l’intérêt de l’industrie.

PDC

NON
Le PDC soutient l’industrie de l’armement suisse. Les dispositions actuelles suffisent et limitent fortement les exportations d’armements vers les pays en guerre ou touchés par une guerre civile.

PLR

NON
Une interdiction à l’emporte-pièce va trop loin.

Vert’libéraux

OUI
Les Vert’libéraux sont membres du comité d’initiative.

Les Verts

OUI
Il faut une interdiction générale de toutes les exportations de matériel de guerre. La Suisse doit utiliser sa neutralité et sa tradition humanitaire pour mener une politique de paix active.

UDC

NON
La défense nationale dépend de l’industrie de l’armement indigène et celle-ci doit avoir des possibilités d’exportations. Elle respecte d’ores et déjà des règles strictes.

PS

OUI
La Suisse a mieux à offrir aux régions secouées par des violences que des armes. Pour sa propre sécurité, elle s’efforce aussi de résoudre les conflits par la négociation.

L’impact du trafic aérien sur le climat est important. La Suisse doit-elle prélever une taxe CO2 sur les billets d’avion?

PBD

OUI
Nous devons protéger le climat. Les grands émetteurs de gaz à effet de serre ne doivent pas pouvoir échapper à leurs responsabilités.

PDC

OUI
De nos jours, les voyages en avion ne coûtent pas assez cher. Le trafic aérien doit aussi participer aux efforts de réduction des gaz à effet de serre.

PLR

OUI
Toutefois, la taxe doit être supportable par l’économie et rétrocédée en bonne partie à la population. Le reste doit alimenter un fonds climatique en faveur des innovations.

Vert’libéraux

OUI
Cela fait longtemps que nous avons déposé une intervention en ce sens au Conseil national.

Les Verts

OUI
Le trafic aérien doit lui aussi contribuer à la protection du climat. Tous les pays voisins de la Suisse prélèvent déjà une telle taxe.

UDC

NON
Une taxe prélevée uniquement en Suisse n’aidera pas le climat. Elle n’empêchera pas que les gens prennent l’avion. Il ne serait pas juste qu’à l’avenir, seuls les riches puissent se le permettre.

PS

OUI
Le montant de la taxe sur les billets d’avion doit être fonction de la distance parcourue et de la classe de cabine. En outre, la taxe doit être entièrement rétrocédée à la population.

Quelles sont les autres mesures de politique climatique individuelles qui devraient être suivies en priorité lors de la prochaine législature?

PBD

  • Un objectif national contraignant est nécessaire en matière d’émissions de CO2.

  • Il convient de fixer pour ce qui est du réchauffement maximal un objectif ambitieux, à savoir 1,5 degré.

  • Une offensive pour des bâtiments plus efficaces sur le plan énergétique est urgente.

  • Une place financière durable est indispensable.

  • La fin des combustibles et des carburants fossiles doit aussi être décidée et agendée.

PDC

  • Le PDC exige une loi sur le CO2 efficace. Les objectifs ambitieux de l’accord de Paris en matière de réduction de CO2 doivent être réalisés pour l’essentiel en Suisse. En investissant en Suisse, nous encouragerons l’innovation et renforcerons notre place économique.

  • Le virage énergétique doit être mis en œuvre de manière conséquente. Les énergies renouvelables indigènes doivent être en mesure de compenser l’abandon de l’énergie nucléaire.

  • Le PDC exige le développement des cleantech. Nous nous engageons en faveur de l’économie circulaire et soutenons la production de produits régionaux et saisonniers. Par ailleurs, les biens doivent être produits de manière à pouvoir être réutilisés.

PLR

  • Les mesures de politique climatique doivent être abordées au cours de la prochaine législature dans le cadre de la révision totale de la loi sur le CO2. Nous pourrons ainsi mettre au point un paquet de solutions efficace et soutenu par la majorité, qui permette d’atteindre les objectifs climatiques de la Suisse d’ici 2030. Les projets isolés ne permettent pas d’y parvenir.

  • Les mesures dans les domaines du trafic et des bâtiments sont prioritaires. C’est là que sont produites la majorité des émissions de gaz à effet de serre. Des objectifs de réduction clairs par la définition de valeurs limites de CO2 ainsi que d’autres mesures sont nécessaires dans les deux secteurs.

  • Du côté de l’industrie, il est essentiel que le système de convention d’objectifs, qui fonctionne très bien, soit étendu.

Vert’libéraux

  • La Suisse doit se conformer à l’accord de Paris sur le climat. Pour cela, un objectif de réduction des émissions de CO2 ambitieux en Suisse ainsi qu’une assurance qualité concernant la compensation à l’étranger sont nécessaires.

  • Il faut avant tout des mesures efficaces: outre le secteur du bâtiment, on doit enfin s’intéresser au trafic routier et aérien. Ce tournant écologique est possible et constitue en prime une chance de taille pour notre économie.

  • Une transition conséquente et rapide de l’encouragement à l’incitation rendra les subventions et de nombreuses régulations superflues.

  • Un prix de l’énergie conforme au principe de causalité améliore la rentabilité des mesures d’efficacité énergétiques et assure que les solutions dont nous disposons depuis longtemps en matière de cleantech soient mises en œuvre. Sans cela, la Suisse s’exclut d’un immense secteur d’exportation.

Les Verts

  • Renforcement de mesures existantes telles que le programme pour l’assainissement énergétique des bâtiments, la taxe sociale sur le CO2 prélevée sur les carburants ou l’efficacité des voitures neuves.

  • Nouvelles mesures telles qu’implication de la place financière (désinvestissement progressif dans le domaine des énergies fossiles) et de l’économie agro-alimentaire (renforcement de l’agriculture écologique) et prise en compte des émissions engendrées à l’étranger par le biais des produits importés.

  • Il est nécessaire de dégager suffisamment de fonds, selon le principe du pollueur-payeur, pour financer des mesures de protection du climat dans les pays pauvres du Sud.

UDC

  • La production alimentaire indigène et, partant, le rôle des agriculteurs et de leurs familles, doit être renforcé. Une production et une consommation locales et saisonnières ménagent les ressources.

  • La suppression des embouteillages nocifs pour l’environnement et la fluidification du trafic dans les villes et les agglomérations contribueraient à améliorer nettement la qualité de l’air.

PS

  • Pour réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici 2050, des investissements massifs doivent être réalisés en Suisse de manière à augmenter l’efficacité énergétique et la production d’énergies renouvelables (tant au moyen de fonds privés que publics).

  • Concernant la rénovation des bâtiments et la pose d’installations photovoltaïques, un niveau d’investissement à hauteur de 10 milliards de francs reposant sur des subventions publiques doit être visé.

  • Les taxes sur les combustibles fossiles doivent être augmentées progressivement et élargies aux carburants fossiles ainsi qu’au trafic aérien.

  • Un système d’«obligations climat» public doit permettre de débloquer les investissements, tant chez les particuliers que dans les entreprises, grâce à des prêts sans intérêts.

Pour les Suissesses et les Suisses vivant dans les pays de l’UE, les rapports entre la Suisse et l’UE jouent un rôle essentiel. La limitation de l’immigration est-elle plus importante que le maintien des accords bilatéraux avec l’UE?

PBD

Le PBD s’oppose à ce que la Suisse adhère à l’UE. Mais cela ne change rien au fait que la Suisse est reliée aux pays de l’UE par des liens économiques et sociaux étroits. La voie bilatérale est bonne pour la Suisse, et le peuple l’a validée à plusieurs reprises. Certains traités sont bons, d’autres sont critiqués et d’autres encore doivent être révisés. Il serait cependant extrêmement dangereux de mettre en péril une solution qui a fait ses preuves et, partant, notre prospérité pour une initiative inutile visant à limiter l’immigration.

PDC

Nul autre partenaire n’a autant contribué à la prospérité de la Suisse que l’UE, qui profite elle aussi de ses liens avec notre pays. Nous voulons que la relation de la Suisse avec l’UE ne prétérite ni l’une, ni l’autre. Pour le PDC, les accords bilatéraux ne sont pas négociables. Le peuple les a approuvés à maintes reprises. Se déplacer librement en Europe, y vendre nos marchandises et nos services sans entraves, échanger du savoir: nous en profitons tous, chaque jour. Le PDC a toujours soutenu la voie bilatérale avec l’UE et contré les offensives isolationnistes. Il rejette donc clairement l’initiative de l’UDC contre la libre-circulation des personnes. Mettre un terme à cette libre-circulation aurait de graves conséquences pour l’économie, la recherche et les emplois en Suisse. Tous les autres accords d’ouverture du marché ainsi que l’accord sur la recherche avec l’UE seraient caducs.

PLR

La voie bilatérale garantit un accès sur mesure au marché intérieur de l’UE, sans que nous ayons à adhérer à l’Union. Elle a apporté à la Suisse des emplois, de la croissance et de la prospérité, permettant à des centaines de milliers de citoyens de s’établir et de travailler au sein de l’UE/AELE. L’initiative contre la libre-circulation du clan conservateur et isolationniste met directement en danger ce succès. Il est important que la Suisse puisse continuer à accueillir des travailleurs hautement qualifiés venus de l’étranger. Mais le PLR prend au sérieux les inquiétudes de la population concernant l’immigration. Nous pensons qu’il faut faire face fermement aux abus et aux conséquences négatives du phénomène: il convient de lutter contre le tourisme social, de limiter le regroupement familial pour les immigrants de pays tiers et de remédier aux dysfonctionnements en matière d’asile.

Vert’libéraux

Nous ne voulons pas seulement conserver la voie bilatérale, mais aussi la développer. Les Vert’libéraux sont le seul parti à s’être engagé dès le départ pour un accord-cadre, par conviction.

Les Verts

La Suisse fait partie de l’Europe. En tant que parti européen, Les Verts s’engagent pour des rapports de bon voisinage entre la Suisse et l’UE. La voie bilatérale profite autant aux Suisses qu’aux Européens. Nous voulons que la coopération soit renforcée, en particulier dans les domaines de la formation, de la recherche et de la protection de l’environnement. Mais il est clair qu’un bon voisinage a besoin de règles du jeu claires. Un accord-cadre avec l’UE est indispensable pour pouvoir développer la voie bilatérale. L’ouverture à l’égard de l’Europe ne pourra cependant réunir une majorité dans les urnes que si l’on n’affaiblit pas les mesures d’accompagnement à la libre-circulation des personnes. Pour obtenir de l’UE une meilleure protection contre le dumping salarial, la Suisse doit enfin faire avancer le dossier de l’entraide fiscale et des mesures contre le dumping fiscal.

UDC

La gestion et le contrôle de l’immigration revêtent une importance capitale. Depuis l’introduction de la libre-circulation des personnes, la Suisse a accueilli plus de 1,1 million net d’immigrants. La pression sur les salaires et les emplois est perceptible, spécialement pour les personnes de plus de 50 ans. Avec son initiative, l’UDC veut donc limiter le droit à une immigration libre. Les bonnes relations commerciales mutuelles avec l’UE doivent être conservées.

PS

Les fabuleux acquis de la libre-circulation – pouvoir travailler et s’établir dans toute l’Europe – doivent absolument être conservés. L’intégration européenne constitue le fondement de la paix et de la prospérité en Europe, et la Suisse en fait partie. En revanche, il faut éviter que des entreprises recrutent autant de personnel que possible à l’étranger. Contre la pénurie de main d’œuvre, il faut investir massivement dans la formation et rémunérer les femmes et les hommes de manière égale. Il doit aussi devenir plus facile de concilier vie de famille et travail. L’intégration au marché du travail doit être améliorée par des mesures supplémentaires de rattrapage en matière de formation des migrants et une protection accrue des plus de 50 ans. Ceci pour lutter contre la propension de l’économie à rechercher des travailleurs uniquement à l’étranger.

Le mitage du territoire modifie le paysage suisse. Faut-il renforcer la protection du paysage, par exemple par des règles plus sévères pour les constructions hors des zones à bâtir existantes?

PBD

NON
Des mesures de lutte contre le mitage du territoire ont déjà été prises: en 2013, le peuple a accepté la loi sur l’aménagement du territoire révisée. Les cantons et les communes l’appliquent.

PDC

NON
Il convient de mieux utiliser la surface construite et de définir des zones à bâtir raisonnables. La LAT combat efficacement le mitage et oriente le développement du milieu bâti vers l’intérieur.

PLR

OUI
La multiplication constante des exceptions en matière de constructions hors des zones à bâtir doit cesser.

Vert’libéraux

OUI
Les Vert’libéraux soutiennent une réforme en ce sens.

Les Verts

OUI
Les constructions hors des zones à bâtir détruisent des terres cultivables et des habitats proches de la nature précieux pour la biodiversité.

UDC

NON
En rejetant l’initiative contre le mitage du territoire au début de l’année, le peuple a dit non à des règles plus strictes. L’immigration effrénée devrait être limitée pour protéger le paysage.

PS

OUI
Le parc immobilier hors des zones à bâtir ne doit pas grandir encore. Il ne faut autoriser que les nouvelles constructions nécessaires à l’agriculture et limiter les possibilités de réaffectation.

Certaines espèces animales disparues sont de retour en Suisse, mais la présence du loup, du lynx et de l’ours provoque des tensions. Faut-il assouplir la protection de ces grands prédateurs?

PBD

OUI
Si la population de grands prédateurs ne correspond pas aux moyens locaux, un assouplissement doit avoir lieu au cas par cas.

PDC

Ni OUI, ni NON
Le PDC est d’accord pour assouplir la protection des loups et des castors, mais rejette l’assouplissement de la protection du lynx.

PLR

OUI
Le PLR soutient majoritairement une adaptation ciblée des mesures de protection pour réguler la population de loups. En revanche, nous rejetons un assouplissement général des dispositions.

Vert’libéraux

NON
Les Vert’libéraux s’engageront activement pour un référendum contre un tel assouplissement.

Les Verts

NON
La Confédération doit investir dans des mesures de prévention comme la protection des troupeaux, qui permettent une meilleure cohabitation entre animaux sauvages et de rente.

UDC

OUI
La présence de certains grands prédateurs ne convient pas dans un pays densément peuplé comme la Suisse.

PS

NON
Le PS rejette un assouplissement de la protection du lynx, du castor, du loup, etc. Nous refusons que les animaux et les oiseaux sauvages soient préventivement décimés sans avoir causé de dégâts.

Comment faire pour garantir que les Suissesses et les Suisses de l’étranger puissent exercer leurs droits politiques, en particulier le droit d’élire et de voter?

PBD

Le vote électronique est nécessaire, surtout pour les Suisses de l’étranger. Pour éviter que les résultats puissent être manipulés, la sécurité du système doit cependant être garantie.

PDC

Par le biais d’une motion du conseiller aux États Filippo Lombardi, le PDC a déjà demandé que les cantons soient tenus de proposer un système de vote électronique (e-voting) à tous les électeurs suisses de l’étranger dans le cadre d’une solution fédéraliste.

PLR

Le vote électronique est central pour l’exercice des droits politiques des Suisses de l’étranger. Souvent, les documents de vote envoyés par courrier arrivent trop tard. Dans les cantons où l’e-voting a été testé avec succès, la participation des Suisses de l’étranger était significativement plus élevée. Le PLR a toujours été en faveur d’une telle solution. Nous prenons la sécurité au sérieux et souhaitons qu'elle passe avant la rapidité. Nous regrettons les revers techniques rencontrés par les prestataires, dont les Suisses de l’étranger font directement les frais en cette année électorale.

Vert’libéraux

Il est d’une part important que le matériel d’élection et de vote soit envoyé suffisamment tôt. D’autre part, les Vert’libéraux soutiennent les solutions de vote électronique pour les Suisses de l’étranger. En raison des questions de sécurité qui se posent encore, nous refusons en revanche pour l’heure l’introduction du vote électronique pour tous.

Les Verts

La «Cinquième Suisse» compte 750 000 citoyens. Ce sont des ambassadeurs importants de la culture démocratique de la Suisse, qui doivent pouvoir exercer activement leurs droits politiques. Beaucoup en sont empêchés, les documents de vote étant souvent distribués trop tard, voire pas du tout, dans certains pays. Les Verts jugent la situation inacceptable. Faute d’un système de vote électronique sûr à l’heure actuelle, une solution intermédiaire d’envoi électronique doit être examinée. Elle permettrait de distribuer les documents à temps via Internet.

UDC

Les Suissesses et les Suisses de l’étranger peuvent continuer d’exercer leurs droits politiques comme jusqu’à présent, c’est-à-dire en premier lieu par le vote et l’élection par courrier.

PS

Cela fait longtemps que le PS exige l’introduction rapide d’un système de vote électronique sûr, au moins pour les Suisses de l’étranger. Les revers rencontrés en la matière sont regrettables. Comme il est probable qu’une solution ne sera pas mise en œuvre de sitôt dans tous les cantons, il faut envisager des améliorations du système actuel: envoi centralisé par la Chancellerie fédérale ou le chef-lieu du canton (comme à Zurich) au lieu de charger chaque commune de le faire; envoi des documents par voie électronique et possibilité de voter personnellement ou par courrier dans un consulat.

Les Suissesses et les Suisses qui vivent à l’étranger n’ont pratiquement aucune chance d’être élus au Parlement. Une circonscription électorale à part améliorerait sensiblement leurs chances de réussite. Êtes-vous favorables à cette solution?

PBD

NON
Nous estimons qu’à l’heure actuelle, les chances d’élection des Suissesses et des Suisses de l’étranger ne sont pas moindres que celles de leurs concitoyens vivant dans le pays.

PDC

NON
Les Suisses de l’étranger sont à égalité juridique avec leurs concitoyens de Suisse en termes de représentation. Il faut cependant éliminer les obstacles à l’exercice du droit de vote (e-voting).

PLR

NON
Des quotas ou des circonscriptions réservées à certains groupes sont contraires aux structures de l’État helvétique et aux principes de sa démocratie.

Vert’libéraux

Ni OUI, ni NON
Les Vert’libéraux n’ont pas encore pris position sur cette question.

Les Verts

OUI
Une représentation politique de la «Cinquième Suisse» est nécessaire pour que soient pris en compte ses intérêts et les conditions de vie particuliers de ses membres.

UDC

NON
Dans la structure fédéraliste de la Suisse, le rôle des cantons est très important. Ils doivent rester les circonscriptions électorales de référence lors des élections au Conseil national.

PS

OUI
Le PS l’exige depuis longtemps. Les exemples de l’Italie, de la France, du Portugal et d’autres pays montrent qu’une telle solution est aisément réalisable.

Les Suissesses et les Suisses de l’étranger sont un groupe d’électeurs en constante augmentation. Pourquoi les citoyennes et les citoyens vivant à l’étranger devraient-ils voter pour votre parti?

PBD

Le PBD fait de la politique sereinement, en se concentrant sur les solutions, et ceci pour tous les Suisses, où qu’ils se trouvent. Nous percevons la Suisse comme un pays ouvert au monde, qui doit entretenir les meilleures relations possibles avec les autres pays. À cet égard, est notamment nécessaire une bonne entente avec l’UE, à laquelle nous ne sommes pas seulement reliés économiquement, mais aussi par notre culture et des valeurs communes. Le PBD s’engage pour que ces liens ne soient pas détruits, et ainsi pour que notre prospérité soit préservée, tout comme celle des Suisses de l’étranger.

PDC

Le PDC rassemble la Suisse, y compris la «Cinquième Suisse». Cela fait des années qu’il s’engage de manière conséquente pour les intérêts des Suissesses et des Suisses de l’étranger. Ainsi, la création de la loi sur les Suisses de l’étranger est le résultat d’une initiative parlementaire du PDC. Nous défendons l’accès aux moyens de paiement, en particulier aux comptes en banque suisses et aux cartes de crédit de banques suisses. Le PDC soutient également l’introduction du vote électronique, qui faciliterait sensiblement la participation des Suisses de l’étranger aux votations et aux élections. La sécurité du système est cependant prioritaire. Le PDC se bat en outre contre la discrimination lors du recrutement des citoyens double-nationaux à l’étranger. Nous soutenons de surcroît les aides financières de la Confédération pour la création d’écoles suisses supplémentaires à l’étranger.

PLR

Le PLR s’engage de manière conséquente et constructive pour une Suisse ouverte et interconnectée. Un demi-million de Suissesses et de Suisses vivent aujourd’hui dans les pays de l’UE/AELE. Les accords bilatéraux et en particulier celui sur la libre-circulation des personnes constituent par conséquent la base légale de leurs biographies. Nous nous opposons fermement à l’alliance contre-nature des isolationnistes de gauche et de droite. Pour le PLR, la préservation et le développement de la voie bilatérale sont essentiels.

Vert’libéraux

Les Vert’libéraux défendent une Suisse ouverte et interconnectée. Nous soutenons par exemple activement le développement des accords bilatéraux avec l’UE par le biais d’un accord-cadre. Nous sommes également favorables au libre-échange et à la conduite d’une politique extérieure active en faveur de la promotion de la paix, de la démocratie, de l’état de droit, de la protection de l’environnement et des droits humains.

Les Verts

Dans plus de 100 pays, Les Verts travaillent conjointement pour la préservation des ressources mondiales, le commerce équitable, les droits fondamentaux universels ainsi que pour un climat de respect et d’ouverture. Nous faisons avancer la protection du climat à l’échelle mondiale et voulons, grâce à une agriculture durable, préserver la diversité des espèces et la souveraineté alimentaire. Les Verts veulent construire des ponts plutôt que des murs: nous nous engageons pour une société en paix, sans discrimination ni exclusion.

UDC

De nombreux Suisses et Suissesses de l’étranger votent déjà pour l’UDC. Ils ont une image claire d’une Suisse intacte et libre, et peuvent faire une comparaison directe avec les difficultés rencontrées par d’autres pays. L’UDC se soucie de la Suisse et s’engage pour défendre ses coutumes, sa culture et les valeurs qui les accompagnent.

PS

Le PS défend une Suisse ouverte, solidaire et écologique, entretenant de bonnes relations et des rapports fiables avec l’UE. C’est pourquoi nous demandons depuis longtemps un accord institutionnel intégrant la protection des salaires. La Suisse tient à la libre-circulation des personnes comme à la qualité du travail et à la formation pour tous. Il reste encore fort à faire pour assurer l’égalité entre hommes et femmes. La Suisse doit également intensifier ses efforts pour contrer le réchauffement climatique et atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat.

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