Le jazz libéré de Peter Schärli

Il roule sa bosse depuis plus de 35 ans et s’est produit dans l’Europe entière ainsi que lors de festivals dans la moitié du monde. Sa musique en est devenue encore plus stylée et a gagné en maturité: le jazz du trompettiste lucernois Peter Schärli, domicilié à Aarau, plaît à coup sûr à bon nombre de personnes assurant qu’elles n’aiment pas ce genre de musique. En témoigne son dernier album, «Purge».

Le Trio Peter Schärli Trio et Glenn Ferris, artiste invité, y interprètent neuf nouveaux titres au groove agile, exprimant les mélodies dans toute leur plénitude et improvisant avec maestria. Il en découle une musique si naturelle qu’on en oublie la complexité inhérente au jazz, à ses propres suites d’accords et à ses formes inhabituelles.

Cette musique, issue d’une volonté de simplifier et d’épurer, fait davantage encore ressortir l’essentiel. En ce sens, le titre de l’album, «Purge», est éloquent. «Je ne crois pas au principe <mieux, plus rapide, plus fort que les autres>, ni dans la société, ni dans la musique», affirme Peter Schärli dans une interview. En prenant toutefois soin d’ajouter: «Je m’exerce chaque jour. Parfois, je ne joue qu’un seul son pendant 45 minutes.»

Tout comme son Special Sextett, qui existe depuis des années, le Peter Schärli Trio avec l’artiste invité Glenn Ferris est un groupe qui fonctionne à merveille. Peter Schärli joue en effet depuis des décennies avec le Bernois Thomas Dürst, bassiste aux puissantes intonations, et l’extraordinaire tromboniste qu’est Glenn Ferris. Le benjamin du groupe, Hans Peter Pfammatter, qui s’est fait un nom par le biais de projets expérimentaux dans le domaine électronique, assure ici les parties de piano classique, avec inventivité mais sans jamais négliger la forme.

Avant de venir en Europe, Glenn Ferris, l’Américain à Paris, a joué avec des génies du jazz et du pop tels que Frank Zappa, Archie Shepp, Don Ellis, Tim Buckley ou Stevie Wonder. Son sens du swing est aussi empreint de sentiments que d’esprit funky, avec une touche de soul, et ses solos ravissent le cœur et prennent aux tripes. Son jeu, combiné au son précis et clair du leader, offre au groupe un véritable registre de cuivres.

Peter Schärli a fêté ses 60 ans l’année passée. «Purge» apparaît comme un premier bilan de ses qualités actuelles, qu’il exprime toutefois aussi au sein de son autre trio formé avec le guitariste brésilien Juarez Moreira et le pianiste bâlois Hans Feigenwinter. Ou encore dans son disque de ballades en quatuor «Don’t Change Your Hair For Me». Peter Schärli, une valeur sûre de classe pure.

 

Peter Schärli Trio featuring Glenn Ferris: «Purge», Enja, 2016.

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