La Suisse pendant la ­Première Guerre mondiale

GEORG KREIS «Insel der unsicheren Geborgenheit. Die Schweiz in den Kriegsjahren 1914–1918»; éditions NZZ-Libro, Zurich 2013, 304 pages avec de nombreuses illustrations; CHF 44.–; www.nzz-libro.ch

Si notre pays n’a pas été directement impliqué dans la mort et la souffrance de millions de personnes pendant la Première Guerre mondiale, les événements qui ont eu lieu entre 1914 et 1918 (également qualifiés de catastrophe originelle du XXe siècle) n’en ont pas moins laissé des marques profondes. Dans son livre, récemment publié sous le titre «Insel der unsicheren Geborgenheit», l’historien bâlois Georg Kreis reconstitue le déroulement de ces années.

Le 2 août 1914, le Conseil fédéral écrit dans un communiqué que «les nuages noirs et menaçants accumulés depuis des années dans le ciel de la politique» ont éclaté. En réaction au déclenchement de la guerre, la Suisse déclare deux jours plus tard aux puissances belligérantes qu’elle ne déviera en aucun cas de la plus totale neutralité. Parallèlement à cela, Ulrich Wille, germanophile controversé, est nommé Général et 220 000 hommes sont mobilisés afin de défendre les frontières. Dans le pays lui-même, les fossés se creusent: la Suisse alémanique sympathise avec les Empires centraux autour du Reich allemand, tandis que la Suisse romande est proche des alliés de la France et de l’Angleterre. La guerre qui se joue tout autour du pays fait monter les prix, on rencontre des difficultés d’approvisionnement, la population perd confiance et des conflits sociaux apparaissent: entre 250 000 et 400 000 travailleurs prennent part à la grève générale. L’armée est envoyée pour s’opposer à eux. 

Le livre de Georg Kreis est écrit avec sa fougue habituelle, mais il n’y est pas uniquement question d’événements pour la plupart bien connus. Il y présente également les résultats de ses recherches plus récentes. Par exemple, la toile de fond de la «totale neutralité» qui, compte tenu de l’interdépendance économique déjà importante à l’époque, était en fait impossible. Kreis renvoie également aux affaires éthiquement discutables, quoique lucratives, avec les nations en guerre et montre le climat xénophobe qui régnait à l’intérieur des frontières du pays. Une vue d’ensemble instructive, à lire, sur les années de guerre en Suisse. 

Barbara Engel

GEORG KREIS «Insel der unsicheren Geborgenheit. 

Die Schweiz in den Kriegsjahren 1914–1918»; éditions NZZ-Libro, Zurich 2013, 304 pages avec de nombreuses illustrations; CHF 44.–; www.nzz-libro.ch

Commentaires (0)

Écrire un commentaire

La rédaction se réserve le droit de supprimer des commentaires discriminatoires, racistes, diffamatoires ou haineux ou de fermer la fonction commentaires de cet article.
Politique
21/08/2014

La panthère

Le conseiller fédéral PS Alain Berset s’est fixé un objectif ambitieux: réformer la prévoyance vieillesse, car c’est le seul moyen de la garantir à...

En savoir plus

L’approbation de l’initiative contre l’immigration de masse met la politique suisse sous pression. Ses conséquences sont les plus graves depuis les...

En savoir plus
Culture
21/08/2014

Le monde sous tension

Quelles furent les années 1900 à 1914? Peut-on s’imaginer cette époque marquée par l’engouement pour la technique et le progrès, comme si la Première...

En savoir plus

Ottmar Hitzfeld fera sa dernière grande apparition à la Coupe du monde de football au Brésil. L’entraîneur de l’équipe nationale suisse fait partie...

En savoir plus

Début 2014, le président de la Confédération Didier Burkhalter a rencontré le ministre américain des Affaires étrangères John Kerry à Davos et le...

En savoir plus
 

Auslandschweizer Organisation
Alpenstrasse 26
3006 Bern, Schweiz

tel +41 31 356 61 10
fax +41 31 356 61 01
revue@aso.ch